On nous aura prévenu.
Faudra pas faire les étonnés.
C'est eux contre le reste du monde.
Autrement dit, y'a du boulot.
Va falloir, pour une fois, se lever tôt.
Eux, sur la balance, c'est Super-Lourd, voire Hors-Catégorie.
Les peignoirs sont repassés, les gant enfilés, les têtes graissées pour que les rares coups portés de l'adversaire ne fassent que ricocher sur les aigreurs.
Admirez le palmarès et checkez les licences :
Section musicale, le trio ayant déjà décrocher quelques titres : le sloyien Bilbeaud ; l'ex-désiré Teyssot-Gay et Marc "Black et Decker" Sens. 1 batterie, 2 guitares. Simple et efficace, à croire que le Rock'n'Roll a encore quelques soubresauts post-mortem...
Section punchline, on a remisé la corde à sauter pour sortir uniquement le sac de frappe :
L'impérieuse Zec, voix erraillée dès le premier round comme une bonne fin de concert, se balade sur l'instru et distribue les bourre-pifs en vous retranchant dans les cordes.
N'en déplaise à certains, elle fait du Casey comme elle sait si bien le faire : écriture technique, flow précis, sueur et rage à tous les étages.
De toute façon, on n'attend pas non plus d'elle qu'elle tienne la bassine et nettoie les protège-dents entre chaque relance.
Qu'on se le dise, Hamé étant parti boxer à Végas après le premier combat, on l'attendait sérieusement le sieur B.James, l'éternel second voué au couplet featuré et au backing vocal de la belle les soirs de match.
Et comme des cons, on s'était presque déjà dit qu'on allait être déçu...Que forcément ce serait moins bien et patati, et patata...
Et patatras ouais ! Chè !
Dans les gencives qu'il nous la colle le bibi. Et ce, du premier coup de gong jusqu'à la délivrance.
Bien que conçu dans l'urgence parce qu'on a plus le temps, on sent que le larron a bossé, peut-être justement parce qu'il se savait attendu au tournant. Il l'emporte haut la main sur chacun de ses morceaux solo avec juste un petit bémol sur quelques refrains. Mais y'a pas à dire, la grosse surprise de la soirée vient de ce bonhomme.
La magie opère d'autant plus sur les morceaux à 2 voix, la complicité de ces deux-là faisant merveille : ça distribue sec, ça s'esquive, ça se répond et ça frappe en choeur en te crachant à la figure pour à la fin te laisser pour mort. On en aimerait presque un peu plus tellement qu'c'est bon !
Pour rassurer tout le monde, public comme bookmaker, à l'inverse du premier opus, le ring a été rénové : la production est passé du gymnase de quartier à la salle officielle. C'est pas encore le stade mais c'est peut être tant mieux : ça accroche, ça racle, ça crache, c'est rock'n roll.
Avec même des petits relents de la grande époque de la fusion, RATM en tête de cortège. Parce que bon, tout le monde s'exclame devant l'exclusivité de la rencontre Rock'n'Rap...Scuse moi, t'étais o√π dans les année 90 ?
Donc rien de nouveau mais salutaire à une époque o√π la plupart des cons battants se couchent pour quelques cahuètes.
Au final, 12 titres décochés comme autant d'uppercut sous la ceinture, pour remettre la pendule à l'heure.
Et tu sais quoi ?
Le Rock'n'Roll est vivant, le Rap aussi, et bonne nouvelle : ils boxent dans la même catégorie.
Victoire par chaos.
///aRno


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